Un dictateur de moins

Donc un tyran est mort, tué. Ni peur ni couronne! Le problème qui se pose pour  la Lybie est celui du retour des soldats dans les casernes. Il est difficile de savoir quelle proportion de militaires se trouve parmi les insurgés. Aujourd’hui le pouvoir est au main de ces milices populaires.On va voir rapidement dans les semaines qui viennent si ces combattants armés d’armes de provenances plus ou moins clandestines vont rentrer dans leur foyer sans vouloir recevoir le prix de  leurs sacrifices.

En Tunisie l’armée en refusant de sortir des casernes a précipité la chute de Ben Ali et ne semble plus poser de problème politique aujourd’hui. Ce qui ne préjuge pas de l’avenir. En Egypte, autre situation, l’armée a lâché son chef. La raison profonde ne se trouve pas dans la question de l’ordre public. Pour les forces armées la question fondamentale était le risque de voir les troubles révolutionnaires toucher les unité de production contrôlées par l’armée. La question de leur demander de rester dans leurs casernes ne peut que rester vaine. L’intérêt du lobby militaro-économique égyptien sera de faire une alliance avec la tendance politique conservatrice incarnée par les Frères musulmans qui, au fond, correspond aux courants chrétiens-démocrates occidentaux. Cette alliance est porteuse de contradictions mortelles pour les deux protagonistes, les premiers désirant la modernité pour développer leur production et leurs profits, les seconds combattant  cette même modernité qui mettrait en péril leur conception d’une société musulmane.

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